HappyNeuron Pro : Stimulation, Rééducation et Remédiation Cognitives

Mémoires primés 2016

Reconnaissance des expressions faciales émotionnelles et théorie de l’esprit chez les sujets avec aphasie ayant subi un accident vasculaire cérébral gauche, dans le cadre de la communication non verbale

Auteures : Gaëlle CROIZER & Amélie GODARD

Directrices : Claire Cadilhac, orthophoniste & Saad Kassnasrallah, neurologue

Université : Montpellier

Nombre de pages (annexes incluses) : 140

 

 

Résumé :

En situation d’interaction, la reconnaissance adéquate des expressions faciales émotionnelles permet d’informer un individu sur l’état émotionnel de son interlocuteur. Cette capacité s’avère fortement liée à celle de la Théorie de l’Esprit, permettant de déduire par des inférences mentales, les états cognitifs ou affectifs d’autrui, sur la base de ses attitudes, de ses expressions faciales émotionnelles, ou de ses propres connaissances. L’ensemble participe à une communication réussie et par conséquent, apparaît indispensable à la régulation efficace des interactions sociales.
Notre travail permet de mettre en avant des déficits en reconnaissance des expressions faciales émotionnelles auprès de la population avec aphasie suite à un accident vasculaire cérébral gauche. De même, nous avons mis en évidence une altération globale de la Théorie de l’Esprit aussi bien pour sa composante cognitive que sa composante affective. Les déficits en Théorie de l’Esprit affective paraissent corrélés aux difficultés de reconnaissance des expressions faciales émotionnelles. La Théorie de l’Esprit cognitive paraît, quant à elle, perturbée par une faiblesse générale des processus de haut niveau, tels que les processus inférentiels, comme en témoignent les performances déficitaires des participants avec aphasie aux conditions logiques.
Ce dysfonctionnement général des processus inférentiels tend à se répercuter sur la communication non verbale, évaluée à l’aide du TLC, qui nécessite également d’inférer des intentions à autrui, à partir d’indices non linguistiques. Il est toutefois possible que les troubles observés en Théorie de l’Esprit cognitive et dans la réalisation d’inférences coexistent, sans pour autant que l’un soit à l’origine de l’autre.
Par ailleurs, nous sommes conscientes de la complexité de l’évaluation de la Théorie de l’Esprit, étant donné que de nombreux processus sont impliqués et que, bien souvent, les résultats se trouvent liés à la nature de l’outil d’évaluation employé. Il est alors d’autant plus difficile de juger de l’intégrité ou non des compétences en Théorie de l’Esprit dans le contexte de la pathologie. L’implication d’autres aptitudes cognitives (langage, mémoire, attention) dans les tâches de Théorie de l’Esprit confirme donc l’importance d’utiliser des épreuves non verbales, pour évaluer cette habileté chez les sujets avec aphasie. La prise en compte des troubles associés s’avère également nécessaire pour le thérapeute, afin d’évaluer le patient dans son ensemble et de se rapprocher au mieux de ses difficultés de communication au quotidien.

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